Enfin, au détour d'un embarcadère, la silhouette d'un volatile flottant se profila, aussitôt repéré par l'œil de lynx de mon héritier :
- " T'as vu ? A cana' ! " s'exclama-t-il.- Moi, d'une voix docte : " non, mon chéri, c'est un grèbe."
- Lui, surpris : " a pas cana', Papa ?"
- Moi : " non, mon ourson, ce n'est pas un canard, mais un grèbe, un Grèbe huppé, précisément."
- Silence.
- Lui, fronçant les sourcils et adoptant mon ton sentencieux :
" a 'essemble a cana'... ".
Le père et le fils étaient quittes : pour ma part, j'avais fait dignement mon œuvre d'inflexible pédagogie. Mon rejeton, quant à lui, avait
su me signifier la raison de sa méprise, que je lui pardonne.

© Renan LEVAILLANT
Enfin, et j'aurais pu commencer par cela, le Grèbe huppé arbore du printemps à l'automne une magnifique parure nuptiale composée d'un plumet
sur le dessus du crâne et d'une paire de rouflaquettes sur les joues. Notons l'absence de sexisme chez cet animal puisque mâle et femelle
en sont dotés (même si l'œil aguerri distinguera quelques menues différences entre les deux sexes).
Revenons voulez-vous sur les remarquables capacités subaquatiques de notre oiseau.

Le grèbe huppé serait-il incapable de voler, à l'instar du manchot (et non pingouin, voir
l'article sur la question
.) ? On est en droit de se poser la question à la vue de son corps profilé où nulle aile n'apparaît. Détrompez-vous : il les dissimule
dans deux grande poches latérales, le cachotier. Doublement cachotier car il ne les déploie que nuitamment, seulement quand il doit fuir le
gel qui menace son plan d'eau et le priverait de pêche.

Rendons tous de même aux canards ce qui leur appartient : certains d'entre eux savent plonger et nager sous l'eau, certes avec moins de
dextérité que le grèbe. On les appelle, avec une logique imparable, les canards plongeurs, dont fait partie le Fuligule milouin
(ci-contre). Ils sont d'ailleurs présentés dans un
autre article
de ce site.

Pour finir, quelques mots sur les petits du Grèbe huppé : à l'instar des marcassins, ceux-ci sont recouverts d'hilarantes zèbrures et
ont la particularité d'être nidifuges, c'est-à-dire de quitter le nid dès la naissance pour passer les quinze premiers jours de leur
existence en bateau, dans le plumage douillet de Papa ou Maman.
Retour au sommaire de la rubrique Confusions
Pour retourner en haut de cette magnifique page.
Renan LEVAILLANT est aussi l'auteur de Pouyo et les oiseaux








