
Gauche : juvénile
Droite : adulte en plumage nuptial
© Renan LEVAILLANT
La signification de cormoran est "corbeau marin". Corbeau se dit en effet corp en ancien Français (latin : corvus). Comme cette petite commune d'Ille-et-Vilaine, appelée Corps-Nuds, ce qui n'indique en rien l'existence d'un camp de naturistes, mais fait justement référence à l'oiseau. Cela n'explique pas l'origine du nom de ce village, mais peut-être un lecteur érudit ou Breton, voire les deux à la fois, saura-t-il nous éclairer.
Rien à voir en tout cas entre les corbeaux, ou corvidés, qui sont par ailleurs évoqués dans d'autres articles de ce site (car victimes d'innombrables et navrantes confusions), et les cormorans, membres de la famille qui répond au doux nom de phalacrocoracidés, dont je renonce à rechercher l'étymologie.
Si le corbeau tient, paraît-il, un fromage dans son bec, le cormoran se concentre exclusivement sur le poisson, qui a au moins le point commun avec le fromage qu'il fleure bon quand le temps passe.

© Renan LEVAILLANT
L'observateur relève alors que l'on voit souvent les cormorans postés au vent, ailes ouvertes, semblant vouloir immiter l'aigle napoléonien. Il
vient alors à l'esprit qu'ils sont en train de se sécher. En réalité, ce n'est pas parce qu'il prend l'eau que notre oiseau est imbibé comme
un coton hydrophile, au point de rester deux plombes à se sécher. La vérité est ailleurs, comme dirait Mulder. Les éminents naturalistes la
cherchent encore, la vérité. La dernière thèse (à l'heure où j'écris ces lignes) est que l'exposition hiératique du cormoran vise plus à
exposer son ventre à la chaleur du soleil que ses ailes au vent. Ceci faciliterait sa digestion.
Si le cormoran est amateur de poissons, moi qui suis amateur de fromage, pour en revenir au corbeau de la fable, 'faudra que je songe à
m'exposer le bide au soleil après une bonne raclette...
Notons pour finir que le Grand cormoran, comme son étymologie de l'indique pas, ne se cantonne pas à l'univers marin : en hiver, il remonte
les fleuves jusque loin dans les terres. Moi qui longe la Seine matin et soir, à l'Ouest de Paris, je peux témoigner que les Grands cormorans
s'y la coulent douce d'octobre à avril.
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Renan LEVAILLANT est aussi l'auteur de Pouyo et les oiseaux








