
© Renan LEVAILLANT
Alors pourquoi tant de mépris pour notre ami ? Est-ce sa livrée délicate, toute de gris et de roux, mais un peu trop discrète, qui le détourne de votre attention lorsque vous jardinez alors qu'il est là, à deux pas de vos sabots (ou de vos tongues mais soyez prudents avec la bêche), même dans le jardin le plus liliputien que l'univers urbain puisse imaginer (il lui en faut peu, à l'accenteur) ?

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Grâce à cette remarquable pédagogie, et un peu de bonne volonté de votre part, bande de fainéants, vous devriez désormais être capables de
constater par vous même que l'accenteur est votre voisin le plus proche. Plus proche que Monsieur Baltroude qui tond sa pelouse le dimanche
matin à six heures, ou que la famille Kartofeln qui organise des concerts familiaux de cornet à piston vers les minuit moins le quart. Oui,
un voisin discret par sa tenue... mais un peu moins par son chant. Certes il ne rivalisera pas avec les voisins sus-nommés, mais notre
accenteur n'a pas sa langue dans sa poche (d'ailleurs : il n'a pas de poche) quand viennent les tous premiers signes du printemps. Perché
bien en vue (pour une fois) à une hauteur allant du piquet de clôture à la cime d'un arbre modeste, le mâle s'égosille en un joyeux
gazouillis visant à séduire ces dames (tout en marquant son territoire, c'est plus propre que ce que fait le Dobermann de M. Baltroude) et
qui nous annonce les beaux jours alors qu'on est encore fin février. Eh oui, l'accenteur a les hormones qui le chatouillent de bonne heure.
Bon, moi c'est toute l'année.
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Renan LEVAILLANT est aussi l'auteur de Pouyo et les oiseaux








